Category: Conception électronique

Faire de l’électronique réparable !

Concevoir de l’électronique réparable consiste à intégrer la réparation dès la conception, plutôt que de chercher à réparer un produit une fois qu’il est cassé.

Démontabilité

  • Boîtier ouvrable avec des vis standard, sans colle ou clips destructifs.

Modularité

  • Séparer alimentation, commande, puissance, capteurs, interfaces, etc.,

    • Afin de remplacer un module plutôt que toute la carte électronique.

Composants remplaçables

  • Privilégier les composants standards et disponibles sur le long terme. Si possible utilisé des composants traversants.

Accessibilité

  • Rendre les connecteurs, fusibles, batteries et pièces d’usure facilement accessibles.

Diagnostic

  • Prévoir des points de test, des codes d’erreur, des interfaces de diagnostic et une documentation du circuit.

    • Un technicien doit pouvoir utiliser un multimètre ou un oscilloscope sans devoir deviner où mesurer.

Prévoir également :

  • LED d’état ;
  • connecteur de programmation/debug ;
  • fusibles ou protections accessibles ;
  • points de mesure sur les alimentations ;
  • indications sérigraphiées sur le PCB.
  • La sérigraphie devient une véritable documentation.

Réparabilité des PCB

  •  Éviter les composants inutilement difficiles à dessouder et laisser suffisamment d’espace autour des zones susceptibles d’être réparées.

Documentation

  • Fournir schémas, nomenclature (BOM), références des composants et procédures de dépannage.

    • Schéma électronique : licence open source adaptée au matériel, par exemple CERN-OHL.
    • Creative Commons, par exemple CC BY ou CC BY-SA.

Durabilité logicielle

  • Prévoir les mises à jour et, lorsque c’est possible, éviter qu’une panne logicielle rende le matériel inutilisable.

Gestion thermique

  • Concevoir le refroidissement pour limiter le vieillissement des composants sensibles.

Pièces détachées

  • Utiliser des références pérennes et prévoir leur remplacement sur la durée de vie du produit.

Les condensateurs de sécurité : classes X et Y

Les condensateurs de sécurité sont des composants électroniques spécialement conçus pour être utilisés dans les circuits raccordés au secteur électrique. Contrairement aux condensateurs classiques, ils sont conçus pour limiter les risques d’incendie, de choc électrique et de détérioration dangereuse en cas de défaut. On distingue principalement deux grandes familles : les condensateurs de classe X et les condensateurs de classe Y.

Condensateurs de sécurité : classes X et Y

1. Pourquoi utiliser des condensateurs de sécurité ?

Dans un appareil électrique, un condensateur peut être placé directement sur le secteur afin de :

  • réduire les parasites électromagnétiques ;
  • filtrer les perturbations conduites ;
  • améliorer la compatibilité électromagnétique (CEM) ;
  • supprimer certains parasites générés par les moteurs ou les alimentations à découpage.

Cependant, un condensateur connecté au secteur constitue un élément soumis à des tensions potentiellement dangereuses. Son comportement en cas de défaillance est donc particulièrement important. Les condensateurs de sécurité sont conçus et testés pour présenter un comportement contrôlé lorsqu’ils vieillissent ou tombent en panne.

2. Les condensateurs de classe X

Les condensateurs X sont utilisés lorsqu’ils sont connectés entre les conducteurs actifs du secteur, par exemple entre phase et neutre. On les retrouve notamment dans les filtres antiparasites placés à l’entrée des appareils électriques. Le condensateur X est donc placé en parallèle sur l’alimentation.

Condensateur de classe X

3. Les condensateurs de classe Y

Les condensateurs Y ont une fonction de sécurité différente. Ils sont utilisés lorsqu’un condensateur est connecté entre une partie reliée au secteur et une partie accessible ou reliée à la terre.

Par exemple :

On peut également trouver des condensateurs Y entre les conducteurs actifs et la terre de protection.

Pourquoi les exigences sont-elles plus sévères ?

Une défaillance d’un condensateur Y pourrait, dans certaines configurations, créer une liaison dangereuse entre le secteur et une partie accessible de l’appareil. Le condensateur Y doit donc être conçu de manière à ce qu’une défaillance ne mette pas l’utilisateur en danger. C’est pourquoi les condensateurs Y sont soumis à des exigences de sécurité particulièrement strictes.

4. Différence fondamentale entre X et Y

La distinction peut être résumée ainsi :

Une règle pratique importante est donc :

X = entre conducteurs actifs
Y = vers la terre 

5. Les sous-classes X1, X2, X3

Les condensateurs X sont eux-mêmes divisés en plusieurs catégories, notamment X1, X2 et X3. Ces catégories correspondent à différents niveaux de tenue aux surtensions et à différentes conditions d’utilisation. Le X2 est très courant dans les équipements électroniques alimentés par le secteur et dans les filtres antiparasites. Il ne faut cependant pas choisir un condensateur uniquement en fonction de sa capacité. Sa classe de sécurité, sa tension nominale, les conditions du réseau et l’application doivent également être prises en compte.

6. Les sous-classes Y1, Y2, Y4

Les condensateurs Y sont également subdivisés en différentes catégories, notamment Y1, Y2 et Y4.

Les exigences dépendent notamment de la tension du réseau et du niveau d’isolation requis.

De manière générale, les condensateurs Y sont conçus avec des exigences d’isolation et de sécurité plus sévères que les condensateurs X.

7. Attention : un condensateur X ne remplace pas un condensateur Y

C’est une erreur importante à éviter.

Un condensateur X2 et un condensateur Y2 ne sont pas interchangeables simplement parce qu’ils ont la même capacité et une tension nominale similaire.

Par exemple, remplacer un condensateur Y par un condensateur X dans un circuit relié à une partie accessible peut compromettre la sécurité électrique de l’appareil.

De même, utiliser un condensateur ordinaire à la place d’un condensateur de sécurité est dangereux.

8. Marquage et identification

Les condensateurs de sécurité portent généralement un marquage indiquant leur classe, par exemple :

  • X2
  • Y2
  • X1
  • Y1

Ils peuvent également comporter des indications concernant :

  • la capacité, par exemple 100 nF ;
  • la tension nominale ;
  • la température maximale ;
  • les normes auxquelles ils répondent ;
  • le fabricant et la référence du composant.

Il est important de vérifier le marquage réel du composant plutôt que de déduire sa classe uniquement à partir de son aspect extérieur.

9. Exemples de condensateurs de sécurité

Voici quelques exemples courants de condensateurs de sécurité utilisés dans les équipements électriques et électroniques :

  • Condensateur X2 – 100 nF / 275 VAC : utilisé entre la phase et le neutre pour supprimer les parasites haute fréquence dans les alimentations secteur.
  • Condensateur X2 – 470 nF / 275 VAC : utilisé dans les filtres antiparasites lorsque le filtrage capacitif nécessaire est plus important.
  • Condensateur Y2 – 2,2 nF / 300 VAC : utilisé entre une ligne secteur et la terre ou une partie accessible reliée à la terre, notamment pour réduire les perturbations électromagnétiques.
  • Condensateur Y1 – 4,7 nF / 500 VAC : utilisé dans certaines applications nécessitant un niveau d’isolation plus élevé.

 

10. Conclusion

Les condensateurs X et Y remplissent tous deux des fonctions de filtrage antiparasite, mais leur rôle de sécurité est différent.

Condensateur X :

  • connecté entre les conducteurs actifs ;
  • généralement entre phase et neutre ;
  • principalement concerné par le risque associé à un court-circuit entre les lignes ;
  • utilisé notamment dans les filtres secteur.

Condensateur Y :

  • connecté entre une partie reliée au secteur et la terre ou une partie accessible selon l’architecture ;
  • soumis à des exigences de sécurité particulièrement strictes ;
  • destiné à limiter le risque de choc électrique en cas de défaillance.

Le choix d’un condensateur de sécurité ne doit donc pas se limiter à la capacité et à la tension inscrites sur le composant. La classe de sécurité X ou Y fait partie intégrante de sa fonction dans le circuit.

Conception d’un système électronique pour un club d’escrime

Conception en cours d’un système électronique pour un club d’escrime, afin de s’entrainer à l’épée. Le système est basé sur un écran tactile, une carte Raspberry Pi3 et une carte d’acquisitions analogique conçu par Mace Robotics.

La carte d’acquisitions permet de récupérer 5 informations de touches à partir d’un mannequin. Le mannequin est équipé de 5 plaque métallique qui sont connectées à la carte d’acquisitions.

  • Conception sous Kicad de la carte
  • Développement en langage Python d’une interface utilisateur (utilisation de tkinter)

Si vous avez un projet de réalisation d’un système électronique n’hésitez pas me contacter : contact@macerobotics.com

Bonne journée,

Nicolas